GRIM REAPER, TELL ME : WHO’S LEAVING TODAY ?!

•12 novembre 2009 • Laisser un commentaire

« Toc Toc » « Oui ? » « C’est encore la Faucheuse. » « Ah je vous attendais, entrez. »

La Mort

Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas frappé à ma porte. Quand je lui ai ouvert, elle était d’une blancheur affligeante comme pour me prouver que je n’étais pas la seule à qui elle rend continuellement visite. Ca allait bien faire un an qu’elle ne m’avait plus donné de ses nouvelles, jamais elle ne m’avait laissé un pareil temps mort. Et je ne m’en plaignais pas. Plus j’y pense et moins je ne souhaite l’approcher.

Quand j’ai entendu parler d’elle pour la première fois, je l’ai tout de suite détestée. Détestée et admirée à la fois. Mais pour rester dans le politiquement correct, j’utilise des adjectifs négatifs à son encontre lorsque je suis en société. Admirée car elle m’a toujours impressionnée de par le mystère qui l’entoure tel un halo, comme lorsque je l’ai vue alors que j’étais toute gamine, elle, déjà morte de fatigue.
Elle était venue pour prendre un grand frère, ou en tout cas un garçon que je considérais comme tel, sous prétexte d’un accident de la route. Puis tout est allé très vite, ses visites se faisaient plus fréquentes jusqu’au jour où elle importa d’un coup cinq personnes de mon entourage. Encore sous cette foutue excuse d’accidents de la route. Elle transforma cinq de mes amis, cinq humains en cadavres en l’espace d’un seconde. La seconde de trop.

Je ne voulus plus jamais entendre parler d’elle. Quand on l’accusait de mille maux aux journaux télévisés, cela me passait au dessus de la tête. J’avais connu la Mort de trop près pour avoir le pouvoir de ne plus me sentir concernée par tous les désastres mondiaux qui me frôlaient la mort dans l’âme.

Elle m’a rattrapée une nouvelle fois l’année dernière. Puis la semaine dernière, encore plus tranchante qu’auparavant. Elle ne m’avait jamais joué un aussi mauvais tour. Mourir sans raison est une chose, mourir en se donnant volontaire en est une autre.
Pour ceux qui le connaissaient de loin, il a été retrouvé mort un matin de novembre dans son lit. En ce qui concerne ses intimes, les gendarmes sont passés les voir le jour même pour leur dire la nouvelle. Et ses explications, si explications il y a. Il s’est pointé une chevrotine sous la mâchoire, le jour même de la fête de sa défunte épouse. Même Kurt Cobain ne parvient plus à me faire esquisser un sourire.

Culpabilité, remords et peines sont les seuls sentiments que la Faucheuse me dépose sur le bord de mes lèvres cramoisies avant de refranchir le pas de ma porte en me chuchotant « A bientôt ».

Fuck Them All.

•8 novembre 2009 • Laisser un commentaire

Continuer de manger, encore et encore. Quoiqu’à ce rythme là ce n’est plus manger mais simplement se goinfrer. Manger pour remplir un corps et un esprit vides de tous sentiments, de toute culpabilité mais surtout pas de désespoir. Roxane a 12 ans et la tristesse qui lui ronge les entrailles. Tous les matins avant de retourner au collège, elle s’arrête à la boulangerie au coin de la rue pour acheter bonbons, chocolats et autres gourmandises. Et ce pour deux raisons bien distinctes.

La première, pour manger pendant les cours. Chaque jour, elle cache de la nourriture dans sa trousse pour grignoter pendant les cours de mathématiques ou de français qu’elle écoute d’une oreille plus que lointaine. Tous les jours, elle ingurgite une quantité énorme de nourriture, la rendant encore plus difforme qu’elle n’est déjà, mais elle n’y fait même plus attention. En tout cas elle le pourrait très bien si ses camarades ne le lui rappelaient pas à longueur de journée. A quel point elle est laide, pataude et idiote.

La seconde raison, évidemment liée à la première, pour laquelle elle ne fait que dépenser son argent en victuailles, est que de cette façon, elle peut en offrir à ses bourreaux, espérant qu’ils lui seront redevables et deviendront ses amis. Ce sera peine perdue, mais elle ne le sait pas encore. Ces derniers ne sont jamais de reste pour venir lui demander des chocolats et des confiseries. Ils lui sourient et elle leur rend la pareille, enchantée de voir tant de gentillesse autour d’elle. Elle n’en a vraiment pas l’habitude ; aucune chance qu’elle en soit un jour blasée. Mais comme à chaque fois ses poches vides d’avoir tant donné, elle redevient tantôt dans l’ignorance, tantôt cible de la méchanceté de ses compagnons de scolarité.

Le lendemain, elle ira de nouveau dépenser ses francs auprès de la boulangère du coin qui la regardera d’un œil torve en guise de compassion et d’impéritie, envers cette jeune fille qui sera marquée à jamais par ces années de tourment.

La Pression des Chaussons

•4 novembre 2009 • Laisser un commentaire
Runs in the family

C’est le dernier jour, je dépose mes chaussons au pied du radiateur de l’entrée, à l’endroit exact où ils m’attendaient une semaine auparavant. Je les regarde avec dépit, ces chaussons assortis de petits chats cousus à l’extérieur, déçue de devoir les laisser sans propriétaire pendant un laps de temps indéfini.
Le fait de les laisser derrière moi équivaut à laisser toutes les personnes qui m’ont entourée durant cette semaine, laisser de côté tous les souvenirs qui me resteront de ces soirées et ces journées mémorables.

« Il va falloir que tu reviennes maintenant. Ces chaussons te sont réservés »

Aucune autre phrase n’eut pu me mettre autant la pression. La pression de l’engagement et de la durée. Phrase pourtant dite avec de magnifiques attentions et une merveilleuse douceur.
C’est sans doute cela qui ne peut que m’effrayer.

Se taire, regarder, écouter et applaudir.

•23 octobre 2009 • 2 commentaires
Nous avions rendez-vous devant les locaux de France Télévisions à 16h30 pour l’enregistrement d’une émission sportive programmée en direct une heure après. Les locaux, et quels locaux, lumineux – très télévisuels – et immenses. Nous étions une vingtaine d’étudiants issus de plusieurs écoles de commerce rassemblés pour l’occasion, plus par curiosité que par intérêt du sport. Nous attendions patiemment dans le hall jusqu’à ce qu’une jeune dame se charge de nous. Nous descendons d’un étage où un vestiaire et une collation nous attendent. Autour de nous, des dizaines de télévision projetant en simultané les émissions du groupe de la chaine. Quelques dizaines de minutes après, nous nous mettons à suivre la demoiselle nous ayant auparavant fait descendre à cet étage inférieur, nous interrompant en plein visionnage du match de rugby transmis sur les écrans. Cette dernière s’attarde de longues minutes sur nos hauts multicolores, seule contrainte du dress code de l’émission, pour nous placer en fonction d’eux, évitant gracieusement le ton sur ton et tentant de dissimuler sur les côtés les teintes trop criardes. Mangeant des gâteaux apéritifs, nous regardons les préparatifs du direct, nos yeux oscillant entre les réglages des caméras et les petits papiers de dernières minutes à l’intention du présentateur.
Pendant l’émission, nous applaudissons à la baguette et nous crions derechef, prêts à faire entendre notre vigueur et notre contentement. Nous remplissions notre mission à la perfection. Avec joie. Et sans cynisme. Aucun impair du côté de France Télévisions qui sait mettre les petits plats dans les grands pour nous satisfaire et faire en sorte que nous passions un bon moment, nous étudiants invités, aussi jeunes et délurés puissions-nous être.

france télévisions

Nous avons rendez-vous devant les locaux de France Télévisions à 16h30 pour l’enregistrement d’une émission sportive programmée en direct une heure après. Et quels locaux, lumineux – très télévisuels – et immenses. Nous sommes une vingtaine d’étudiants issus de plusieurs écoles de commerce rassemblés pour l’occasion, plus par curiosité que par réel intérêt du sport. Nous attendons patiemment dans le hall jusqu’à ce qu’une jeune dame se charge de nous. Puis nous descendons d’un étage où un vestiaire et une collation nous attendent. Autour de nous, des dizaines de télévision projetant en simultané les émissions du groupe de la chaine. Quelques dizaines de minutes après, nous nous mettons à suivre la demoiselle nous ayant auparavant fait descendre à cet étage inférieur, nous interrompant en plein visionnage du match de rugby transmis sur les écrans. Cette dernière s’attarde de longues minutes sur nos hauts multicolores, seule contrainte du dress code de l’émission, pour nous placer en fonction d’eux, évitant gracieusement le ton sur ton et tentant de dissimuler sur les côtés les teintes trop criardes. Mangeant des gâteaux apéritifs, nous regardons les préparatifs du direct, nos yeux oscillant entre les réglages des caméras et les petits papiers de dernières minutes à l’intention du présentateur.

Pendant l’émission, nous applaudissons à la baguette et nous crions derechef, prêts à faire entendre notre vigueur et notre contentement. Nous remplissions notre mission à la perfection. Avec joie. Et sans cynisme. Aucun impair du côté de France Télévisions qui sait mettre les petits plats dans les grands pour nous satisfaire et faire en sorte que nous passions un bon moment, nous étudiants invités, aussi jeunes et délurés puissions-nous être.

Achievement (not yet) Unlocked

•11 octobre 2009 • 2 commentaires
Pas plus tard qu’hier, j’ai été accostée en pleine rue par une de ces petites pestes de 12-13 ans se croyant déjà les reines du pétrole. Notre altercation dura à peine quelques secondes, le temps pour elle de prouver à son groupe de filles fanatiques, faisant toutes partie de la même horde, qu’elle méritait son rôle de cheftaine en osant parler aux inconnus dans la rue pour leur poser des questions idiotes.
Je l’avais vue venir à une centaine de mètres au moins, quand, distraite par mon écran de portable et mes écouteurs aux oreilles, j’avais vu cette petite bande pitoyable se moquer ouvertement d’une fille passant près d’elle, sans aucun doute une camarade de classe, qui avait le défaut d’être quelque peu replète.
Cette succession d’actions aussi indépendantes de moi soient-elles me mirent dans une colère anti-jeunesse primaire. En repensant au visage de cette persécutrice juvénile, je ne pense pas à sa beauté désuète mais au seul mot pétasse qui me résonne à l’esprit.
L’esprit, chose qu’elle n’a à ce jour apparemment pas.

Pas plus tard qu’hier, j’ai été accostée en pleine rue par une de ces petites pestes de 12-13 ans se croyant déjà les reines du pétrole. Notre altercation dura à peine quelques secondes, le temps pour elle de prouver à son groupe de filles fanatiques, faisant toutes partie de la même horde, qu’elle méritait son rôle de cheftaine en osant parler aux inconnus dans la rue pour leur poser des questions idiotes.

Je l’avais vue venir à une centaine de mètres au moins, quand, distraite par mon écran de portable et mes écouteurs aux oreilles, j’avais vu cette petite bande pitoyable se moquer ouvertement d’une fille passant près d’elle, sans aucun doute une camarade de classe, qui avait le défaut d’être quelque peu replète.

Cette succession d’actions aussi indépendantes de moi soient-elles me mirent dans une colère anti-jeunesse primaire. En repensant au visage de cette persécutrice juvénile, je ne pense pas à sa beauté désuète mais au seul mot pétasse qui me résonne à l’esprit.
L’esprit, chose qu’elles n’ont à ce jour apparemment pas.

Quand je jouais ma vie entre leurs jolis doigts …

•6 octobre 2009 • 2 commentaires
J’aime ce qu’on m’interdit
Les plaisirs impolis
J’aime quand elle me sourit
J’aime l’infirmière maman
Ô Dieu oui qu’elle était belle cette infirmière.
J’ai toujours eu un faible pour les brunes. C’était une brune comme on n’en fait plus, avec une légère coupe au carré qui inspirait la justesse de la sévérité mais dont les cheveux décoiffés laissaient transparaître leur grain de folie. Elle venait me voir tous les jours, plusieurs fois par jour. Mais elle ne faisait pas comme celles qui rentraient simplement dans ma chambre pour voir si tout était bien rangé et s’en allaient en baissant les yeux de peur de croiser mon regard mi-colérique mi-endormi, mais surtout empli d’aliénation. La raison de mon séjour ici.
Je ne fis pas attention à elle la première fois où je la vis mais c’est en la regardant plus attentivement que j’ai compris que la beauté ne pouvait être que féminine. Le soir, je la regardais de la lucarne de ma chambre finir son service et rentrer chez elle à pied. Elle portait tous les mardis une robe noire floquée de pois blancs, le tout parfaitement assortie à son teint clair et ses cheveux d’ébène.
Quelques jours après ma sortie, après la fin de ce séjour qui ne sera pas le dernier, nous sommes allées discuter autour d’un verre. Je me rendis compte que ses qualités ne se limitaient pas à sa beauté ; elle était distinguée, très cultivée et incroyablement fascinante. Je ne vivais la semaine que pour ces rendez-vous hebdomadaires du vendredi, toujours au même café et à la même heure. Je ne vivais que pour cette alchimie temporaire qui me rendait euphorique au plus haut point.
C’est le jour de décembre où j’ai appris qu’elle était mariée que mes crises d’hystérie ont repris et que j’ai dû me faire de nouveau interner.

nurse

J’aime ce qu’on m’interdit, les plaisirs impolis.
J’aime quand elle me sourit, j’aime l’infirmière Maman.

Ô Dieu oui qu’elle était belle cette infirmière.
J’ai toujours eu un faible pour les brunes. C’était une brune comme on n’en fait plus, avec une légère coupe au carré qui inspirait la justesse de la sévérité mais dont les cheveux décoiffés laissaient transparaître leur grain de folie. Elle venait me voir tous les jours, plusieurs fois par jour. Mais elle ne faisait pas comme celles qui rentraient simplement dans ma chambre pour voir si tout était bien rangé et s’en allaient en baissant les yeux de peur de croiser mon regard mi-colérique mi-endormi, mais surtout empli d’aliénation. La raison de mon séjour ici.

Je ne fis pas attention à elle la première fois où je la vis mais c’est en la regardant plus attentivement que j’ai compris que la beauté ne pouvait être que féminine. Le soir, je la regardais de la lucarne de ma chambre finir son service et rentrer chez elle à pied. Elle portait tous les mardis une robe noire floquée de pois blancs, le tout parfaitement assortie à son teint clair et ses cheveux d’ébène.

Quelques jours après ma sortie, après la fin de ce séjour qui ne sera pas le dernier, nous sommes allées discuter autour d’un verre. Je me rendis compte que ses qualités ne se limitaient pas à sa beauté ; elle était distinguée, très cultivée et incroyablement fascinante. Je ne vivais la semaine que pour ces rendez-vous hebdomadaires du vendredi, toujours au même café et à la même heure. Je ne vivais que pour cette alchimie temporaire qui me rendait euphorique au plus haut point.

C’est ce jour de décembre, où j’ai appris qu’elle était mariée, que mes crises d’hystérie ont repris et que je dus me faire de nouveau interner.

Parce que les histoires d’Amour, c’est trop shōjo …

•28 septembre 2009 • 3 commentaires
Dans son appartement, désespérément vide, il fond en larmes.
Cet endroit, rempli la veille d’une présence féminine, lui parait désormais insupportable et insupportablement dépouillé. Tiffen vient pourtant de reprendre le travail cette semaine, s’est mis à revoir ses amis, ses camarades ou encore connaissances, mais ne ressent aucune joie à l’intérieur de lui. Au contraire. Il voudrait tellement pouvoir s’appuyer sur une épaule réconfortante, son épaule, l’épaule d’Emma, mais il sait que ce ne sera pas possible avant un bon bout de temps.
A peu près à la même période, tous les ans, Tiffen endure, pendant plusieurs semaines jusqu’à plusieurs mois, un état de neurasthénie variant. N’ayant souvent aucun lien avec le contexte actuel de son état d’esprit mais pouvant voir ses dommages s’accentuer en fonction de ses préoccupations du moment. Variant de simples pensées noires et d’éternels regrets à des sanglots éclatant sans prévenir, allant sempiternellement crescendo. Cela faisait des mois qu’il n’avait pas pris de médicaments et il espérait ne jamais devoir y retoucher. Seulement voilà : côtoyer de trop près le bonheur ne rend que plus difficiles les moments où il s’éloigne de nouveau.
La mélancolie aidant, il ne trouve de motivation dans aucune des actions qu’il tente d’accomplir. Essaye de bouquiner quelques instants avant de se redevenir pensif. Tente de surfer sur le net avant que certains souvenirs ne lui reviennent en mémoire tels des boomerangs épineux et ensanglantés. Veut s’allumer une cigarette et se souvient du briquet perdu qu’Emma lui avait offert.
Il vient de recommencer à travailler mais ne pense qu’aux futures journées de temps libre qui lui permettront une nouvelle fois d’effleurer des doigts la quiétude et la volupté qu’il ressent lorsqu’il est avec elle.
Seulement cette fois-ci les journées libres ne suffiront pas. S’il veut la voir et se sentir près elle, il devra faire un aller sans retour.
On peut aisément se rapprocher de la Mort, plus rarement en revenir.

Love_by_PARANOIA

Dans son appartement, désespérément vide, il fond en larmes.

Cet endroit, rempli la veille d’une présence féminine, lui parait désormais insupportable et insupportablement dépouillé. Tiffen vient pourtant de reprendre le travail cette semaine, s’est mis à revoir ses amis, ses camarades ou encore connaissances, mais ne ressent aucune joie à l’intérieur de lui. Au contraire. Il voudrait tellement pouvoir s’appuyer sur une épaule réconfortante, son épaule, l’épaule d’Emma, mais il sait que ce ne sera pas possible avant un bon bout de temps.

A peu près à la même période, tous les ans, Tiffen endure, pendant plusieurs semaines jusqu’à plusieurs mois, un état de neurasthénie variant. N’ayant souvent aucun lien avec le contexte actuel de son état d’esprit mais pouvant voir ses dommages s’accentuer en fonction de ses préoccupations du moment. Ceux-ci variant de simples pensées noires et d’éternels regrets à des sanglots éclatant sans prévenir, allant sempiternellement crescendo. Cela faisait des mois qu’il n’avait pas pris de médicaments et il espérait ne jamais devoir y retoucher. Seulement voilà : côtoyer de trop près le bonheur ne rend que plus difficiles les moments où il s’éloigne de nouveau.

La mélancolie aidant, il ne trouve de motivation dans aucune des actions qu’il tente d’accomplir. Essaye de bouquiner quelques instants avant de se redevenir pensif. Tente de surfer sur le net avant que certains souvenirs ne lui reviennent en mémoire tels des boomerangs épineux et ensanglantés. Veut s’allumer une cigarette et se souvient du briquet perdu qu’Emma lui avait offert à Disneyland.

Il vient de recommencer à travailler mais ne pense qu’aux futures journées de temps libre qui lui permettront une nouvelle fois d’effleurer des doigts la quiétude et la volupté qu’il ressent lorsqu’il est avec elle.

Seulement cette fois-ci les journées libres ne suffiront pas. S’il veut la voir et se sentir près elle, il devra faire un aller sans retour.

On peut aisément se rapprocher de la Mort, plus rarement en revenir.

I’m An Unrescuable Schizo

•26 septembre 2009 • Un commentaire

Assez, assez !

C’était le temps d’un été, mais maintenant c’en est fini des articles plus que réalistes et un peu trop enjoués à mon goût.
Reprenons le véritable cours des choses avec un blog triste, sombre et, somme toute, bien plus crédible.

Mylène Farmer + 11 Septembre 2009 + Stade de France … ( = Superbe Référencement Google)

•17 septembre 2009 • 3 commentaires
Je ne comptais pas faire un article en guise de rétrospection comme Melou [url=http://melouzaza.skyrock.com/2623680488-Point-de-suture.html]ici[/url] mais la lecture de cet article a eu raison de moi.
Merci à elle toi pour la photo – superbe.
Je n’ai pourtant pas une superbe mémoire mais je me souviens de ce jour comme si c’était hier.
Depuis quelques années j’entendais sporadiquement Mylène à la radio, sans y prêter plus d’attention que ça.
Puis en 2001, à l’étage disques d’un grand magasin, entre des piles de CDs de Jean-Jacques Goldman, mon regard tomba sur celles mettant à l’honneur le double CD best-of de Mylène Farmer. J’avais alors 11 ans.
Je tombais alors sur une artiste que je connaissais peu mais qui éveillait soudainement en moi le mystère, l’inconnu et l’interdit.
Je suppliais ma mère de me l’acheter, celle-ci refusant illico : ce personnage énigmatique et bien trop sexe, mort & religion à son goût ne lui inspirait que trop peu confiance. Néanmoins, je parvins bien évidemment à me le procurer quelques semaines après.
Ce jour, pourtant anodin, me reste encore en souvenir avec une pleine mémoire des lieux, des dates, des musiques et des ressentis.
C’est donc ce vendredi 11 septembre dernier que je me rendis pour la seconde fois à un concert de Miss Farmer. Cette rousse flamboyante qui m’inspira maintes coupes de cheveux différentes.
Voilà la toute première occasion qui s’offre à moi de rentrer dans le Stade de France. Il n’est pas encore 18h – soit trois heures avant le concert – mais les dizaines d’entrées aux abords du stade sont déjà bondées. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, peu de rousses teintes et peu de gays extravagants. Enfin, trop extravagants.
Aux stands de goodies, des sacs, godemichés, parapluies, posters, tous à l’effigie de la diva de la soirée. Et quelle soirée. Et quelle diva ! Je repartirai avec un briquet. Les cafés des environs passent les tubes que nous connaissons tous, faisant monter de plus belle la frénésie ambiante.
Je franchis les entrées en même temps que des dizaines de personnes de tout âge (tous âges ?!).
Et puis l’attente, une attente de deux heures pendant lesquelles je bouquine, fume et attrape des fourmis aux jambes car il n’est jamais bon de rester trop longtemps en tailleur. Sur scène, un écran géant représentant tantôt des taches d’encre très freudiennes, tantôt un crâne shakespearien aux yeux frémissants de lubricité. A leurs côtés, des multiples poupées démantibulées dans des positions mi glauques mi suggestives.
20h, toutes les lumières du stade s’éteignent.
Bale de Rua, un groupe de danseurs et chanteurs brésiliens – très gay friendly – fait son apparition. S’en suit une demi-heure endiablée mêlant musique tribale entêtante et entrainante et chorégraphies en petits shorts moulants.
Le pré-show terminé, laisse la place à l’expectative. Par où la chanteuse va-t-elle arriver sur scène ? Parmi les réponses que j’entends autour de moi, je ne retiens que deux possibilités plausibles : se faire déposer en parachute depuis un hélicoptère ou atterrir sur scène à bord d’un OVNI. Quoique la seconde solution reste vraiment la plus crédible.
Après un remix très sonore de Sextonik dans nos oreilles, mais toujours personne à pointer le bout de son nez, je commence à sentir une pointe d’exaspération parmi certains fans ; parfois présents depuis une bonne dizaine d’heures. A 21h18, le vrai spectacle commence. La musique : parfaite, forte sans être ni assourdissante ni saturée.
S’ensuivent alors plus de 2h30 de concert sans interruptions si l’on met de côté les quelques interludes nécessaires aux changements de tenues, très Jean-Paul Gaultier. On retrouve pêle-mêle des bassistes déguisés en curés, les chœurs en religieuses et les danseurs en tutus roses, entourant Mylène, plus mutine que jamais, donnant fessées et claquements de langue à tout va.

Je ne comptais pas faire un article en guise de rétrospection comme Melou ici / clikclik mais la lecture de cet article a eu raison de moi.

Merci à elle toi pour la photo – superbe.

mylène_farmer_stade_de_france

Je n’ai pourtant pas une superbe mémoire mais je me souviens de ce jour comme si c’était hier.

Depuis quelques années j’entendais sporadiquement Mylène à la radio, sans y prêter plus d’attention que ça.

Puis en 2001, à l’étage disques d’un grand magasin, entre des piles de CDs de Jean-Jacques Goldman, mon regard tomba sur celles mettant à l’honneur le double CD best-of de Mylène Farmer. J’avais alors 11 ans.

Je tombais alors sur une artiste que je connaissais peu mais qui éveillait soudainement en moi le mystère, l’inconnu et l’interdit.

Je suppliais ma mère de me l’acheter, celle-ci refusant illico : ce personnage énigmatique et bien trop sexe, mort & religion à son goût ne lui inspirait que trop peu confiance. Néanmoins, je parvins bien évidemment à me le procurer quelques semaines après.

Ce jour, pourtant anodin, me reste encore en souvenir avec une pleine mémoire des lieux, des dates, des musiques et des ressentis.

C’est donc ce vendredi 11 septembre dernier que je me rendis pour la seconde fois à un concert de Miss Farmer. Cette rousse flamboyante qui m’inspira maintes coupes de cheveux différentes.

Voilà la toute première occasion qui s’offre à moi de rentrer dans le Stade de France. Il n’est pas encore 18h – soit trois heures avant le concert – mais les dizaines d’entrées aux abords du stade sont déjà bondées. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, peu de rousses teintes et peu de gays extravagants. Enfin, trop extravagants.

Aux stands de goodies, des sacs, godemichés, parapluies, posters, tous à l’effigie de la diva de la soirée. Et quelle soirée. Et quelle diva ! Je repartirai avec un briquet. Les cafés des environs passent les tubes que nous connaissons tous, faisant monter de plus belle la frénésie ambiante.

Je franchis les entrées en même temps que des dizaines de personnes de tout âge (tous âges ?!). Et puis l’attente, une attente de deux heures pendant lesquelles je bouquine, fume et attrape des fourmis aux jambes car il n’est jamais bon de rester trop longtemps en tailleur. Sur scène, un écran géant représentant tantôt des taches d’encre très freudiennes, tantôt un crâne shakespearien aux yeux frémissants de lubricité. A leurs côtés, des multiples poupées démantibulées dans des positions mi glauques mi suggestives.

20h, toutes les lumières du stade s’éteignent.

Bale de Rua, un groupe de danseurs et chanteurs brésiliens – très gay friendly – fait son apparition. S’en suit une demi-heure endiablée mêlant musique tribale entêtante et entrainante et chorégraphies en petits shorts moulants.

Le pré-show terminé, laisse la place à l’expectative. Par où la chanteuse va-t-elle arriver sur scène ? Parmi les réponses que j’entends autour de moi, je ne retiens que deux possibilités plausibles : se faire déposer en parachute depuis un hélicoptère ou atterrir sur scène à bord d’un OVNI. Quoique la seconde solution reste vraiment la plus crédible.

Après un remix très sonore de Sextonik dans nos oreilles, mais toujours personne à pointer le bout de son nez, je commence à sentir une pointe d’exaspération parmi certains fans ; parfois présents depuis une bonne dizaine d’heures. A 21h18, le vrai spectacle commence. La musique : parfaite, forte sans être ni assourdissante ni saturée.

S’ensuivent alors plus de 2h30 de concert sans interruptions si l’on met de côté les quelques interludes nécessaires aux changements de tenues, très Jean-Paul Gaultier. On retrouve pêle-mêle des bassistes déguisés en curés, les chœurs en religieuses et les danseurs en tutus roses, entourant Mylène, plus mutine que jamais, donnant fessées et claquements de langue à tout va.

De cette soirée, un enchantement, un plaisir intense et la folie des concerts. S’éloigner de tous les soucis quotidiens le temps d’un soir. Avec Mylène en invitée d’honneur.
Non, ce n’était pas un article de groupie.

Les fantaisies Sacrilèges et les goûts cruels

•10 septembre 2009 • 3 commentaires

En temps normal, étant ce qu’elle est, la ville de Deauville pourrait se résumer à des grands-mères sans petits-enfants, affadies, avec leur chien au bout de leur laisser Chanel. En toutes saisons, sauf le temps de quelques weekends. Un week-end comme celui-là, celui que je suis en train de vivre pour la 5ème année consécutive.

Car le temps d’une dizaine de jours s déroule le festival du cinéma américain, à l’opposé de celui du film asiatique, tenu chaque hiver en les mêmes lieux.
Durant ce laps de temps, nos chères grands-mères s’effacent quelque peu pour laisser la place aux plus jeunes, aux plus célèbres et aux (encore) plus aisés qu’elles. Parcourant de la plage jusqu’au centre ville, en passant par le casino et le célèbre hôtel Normandy, ils vagabondent, se montrent, sourient, cigares en bouche et robes jusqu’aux chevilles. Qu’il vente ou qu’il pleuve, le premier aussi souvent que le second, rien ne fera tanguer le tapis rouge installé pour l’occasion. Pas même H1N1.
Accoudés à la terrasse d’un restaurant lui aussi dépendant de la signalétique Lucien Barrière, nous regardons, le soleil en guise de parasol, ces touristes, ces journalistes, ces célébrités et ces inconnus guidant le mouvement des jours du festival. Au diable les boutiques régionales et autres originalités, il leur faut du beau, du neuf et du reconnu. Le night-club de Régine ne rentrant malheureusement que dans une seule de ces catégories.
Vient alors l’heure de se détendre, encore plus, l’heure où aucun film d’intéressant n’est programmé dans l’une des trois salles apprêtées pour l’occasion. Plutôt que de subir une nouvelle overdose de boutiques de luxe, nous enlevons nos chaussures et plongeons nos pieds dans le sable, brûlant et jouissif. L’atmosphère est ici superbement plus détendue et conviviale que dans tous les autres recoins de la ville. Normal, les gentilles demoiselles manucurées et sortant tout juste de chez le coiffeur ne viendront jamais affronter les éléments que sont le vent et l’eau salée du bord de mer.
Le soir tombe, c’est à présent l’heure de se plonger à l’intérieur d’une salle sombre deux heures durant. Voir des films qui ne sortiront au cinéma que dans plusieurs mois est on ne peut plus jubilatoire. Alors si en plus la salle est l’une des plus grandes et des plus belles de France avec ses 1600 personnes, de quoi pourrions-nous nous plaindre ? Des prix excessifs ? Assurément pas pour un festival huppé en ces lieux.
Il y a deux catégories de personnes à Deauville, celles qui sont admirées et regardées avec envie et délectation ; et les autres, celles qui regardent et admirent.
La vie se décide, rien ne nous empêche de faire partie de la catégorie qui nous sied et que nous regardons justement avec tant d’admiration.
Ce genre d’occasions, d’événements nous forge une personnalité, nous fait grandir et nous pousse à découvrir nos souhaits véritables ; négligés jusqu’alors ou inexistants auparavant.
Et puis surtout, savoir se satisfaire des moindres plaisirs … déguster une glace allongé sur la plage avec Marilyn Monroe en fond sonore.

Deauville_by_Heyjue copie

En temps normal, étant ce qu’elle est, la ville de Deauville pourrait se résumer à des grands-mères sans petits-enfants, affadies, avec leur chien au bout de leur laisse Chanel. En toutes saisons, sauf le temps de quelques week-ends. Un week-end comme celui-là, celui que je suis en train de vivre pour la 5ème année consécutive.
Car le temps d’une dizaine de jours se déroule le festival du cinéma américain, à l’opposé de celui du film asiatique, tenu chaque hiver en les mêmes lieux.
Durant ce laps de temps, nos chères grands-mères s’effacent quelque peu pour laisser la place aux plus jeunes, aux plus célèbres et aux (encore) plus aisés qu’elles. Parcourant de la plage jusqu’au centre ville, en passant par le casino et le célèbre hôtel Normandy, ils vagabondent, se montrent, sourient, cigares en bouche et robes jusqu’aux chevilles. Qu’il vente ou qu’il pleuve, le premier aussi souvent que le second, rien ne fera tanguer le tapis rouge installé pour l’occasion. Pas même H1N1.

Accoudés à la terrasse d’un restaurant lui aussi dépendant de la signalétique Lucien Barrière, nous regardons, le soleil en guise de parasol, ces touristes, ces journalistes, ces célébrités et ces inconnus guidant le mouvement des jours du festival. Au diable les boutiques régionales et autres originalités, il leur faut du beau, du neuf et du reconnu. Le night-club de Régine ne rentrant malheureusement que dans une seule de ces catégories.

Vient alors l’heure de se détendre, encore plus, l’heure où aucun film d’intéressant n’est programmé dans l’une des trois salles apprêtées pour l’occasion. Plutôt que de subir une nouvelle overdose de boutiques de luxe, nous enlevons nos chaussures et plongeons nos pieds dans le sable, brûlant et jouissif. L’atmosphère est ici superbement plus détendue et conviviale que dans tous les autres recoins de la ville. Normal, les gentilles demoiselles manucurées et sortant tout juste de chez le coiffeur ne viendront jamais affronter les éléments que sont le vent et l’eau salée du bord de mer.

Le soir tombe, c’est à présent l’heure de se plonger à l’intérieur d’une salle sombre deux heures durant. Voir des films qui ne sortiront au cinéma que dans plusieurs mois est on ne peut plus jubilatoire. Alors si en plus la salle est l’une des plus grandes et des plus belles de France avec ses 1600 personnes, de quoi pourrions-nous nous plaindre ? Des prix excessifs ? Assurément pas pour un festival huppé en ces lieux.

Il y a deux catégories de personnes à Deauville, celles qui sont admirées et regardées avec envie et délectation ; et les autres, celles qui regardent et admirent.
La vie se décide, rien ne nous empêche de faire partie de la catégorie qui nous sied et que nous regardons justement avec tant d’admiration.

Ce genre d’occasions, d’événements nous forge une personnalité, nous fait grandir et nous pousse à découvrir nos souhaits véritables ; négligés jusqu’alors ou inexistants auparavant.

Et puis surtout, savoir se satisfaire des moindres plaisirs … déguster une glace allongé sur la plage avec Marilyn Monroe en fond sonore.