Très slices of life toussa

•1 juillet 2009 • 3 commentaires

On pourrait croire que ce blog est très tranches de vie, oui évidemment.
Heureusement elles ne font pas toujours partie de la mienne. Les faits racontés sont pour la plupart tous basés sur des faits réels, mais simplement basés. Certains étant plus enjolivés que d’autres.
J’écris peu en ce moment, faute de temps, faute de sujets intéressants.
D’articles glauques en articles encore plus morbides, il faut trouver un arrangement. Il faut dans le même temps en trouver un entre des phrases concises et d’autres qui font à elles seules tout un paragraphe. Je ne suis pas déçue de la forme mais surtout du fond de tous mes posts : qu’ils soient aguicheurs ou autodestructeurs. Les rares articles bienveillants que j’aie postés avaient tous été écrits il y a longtemps, bien avant qu’ils soient mis en ligne. J’attendais simplement que le moral suive et en ce cas, il fallait les poster assez rapidement pour ne pas que je les regrette par la suite, ou les trouve spontanément neuneu.
Tout ça pour dire quoi ? En fin de compte pas grand-chose. Mais je déteste voir mon blog stagner.
Et je ne deviendrai pas (tout de suite) rédactrice de nouvelles érotiques.

c’est pour La petite bourgeoiSie qui boit Du champagne

•20 juin 2009 • 5 commentaires

imageblog

Accompagné de son meilleur ami Bob, Jérôme gara sa voiture dans une rue transversale des Champs-Elysées. C’est ce soir qu’a lieu la soirée de gala de son école. Sans nulle doute qu’il pourra draguer quelque jolie fille, qu’il la connaisse ou non. Situé dans la dite plus belle avenue du monde, le restaurant / dancing réservé pour l’occasion est joliment dissimulé dans la petite cour privée d’un immeuble haussmannien.

A peine arrivé, Jérôme remarque aussitôt une grande brune assez jolie quand elle prend un peu soin d’elle et ose se mettre en valeur, ce qui est le cas ce soir. Jérôme a toujours eu des vues sur elle, Alice, disons plutôt qu’il la désire énormément. Dès que celle-ci l’a aperçu, je l’ai vue se précipiter dans ses bras ; d’un tempérament plutôt énergique et trop heureuse de croiser à chaque fois de nouvelles personnes de ses connaissances. Je sais qu’ils avaient l’habitude de se draguer à une certaine époque mais qu’elle était trop timide pour se laisser convaincre si facilement par un homme qui ne voulait assouvir que ses pulsions d’une nuit. Jérôme se souvient aussi de cette période mais n’a toujours pas compris pourquoi il ne l’a plus jamais vue se connecter sur msn ou répondre au téléphone depuis bientôt un an. Mais il a décidé ce soir de prendre sa revanche.
Délaissant son meilleur ami, il commence à prendre de ses nouvelles, à se soucier d’elle comme si elle était la pierre la plus précieuse dont il était chargé de prendre soin. Seulement voilà, même si elle en est à son cinquième verre d’alcool, Alice n’est pas dupe. Profitant de l’open champagne s’offrant à elle, elle continue de boire, discuter et décrocher de grands sourires. Elle sait très bien ce que désire Jérôme, encore plus quand il lui propose de la raccompagner en voiture. J’essaye de l’en dissuader. Elle est prête à craquer pour deux raisons : elle n’a jamais su résister aux hommes bien habillés et même si elle n’est pas saoule elle est déjà tout de même bien désinhibée.
Mais c’est parce qu’elle sait très bien quelles idées il a à l’esprit qu’elle accepta sa proposition.

Laissant les filles à haut talons et robes de soirée, les boissons énergisantes offertes à tout-va, les écrans diffusant Kung Fu Panda, les platines et les décolletés plongeants, ils sortirent de la boite comme deux amoureux s’éclipsant en cachette d’une soirée masquée. En les regardant partir, les connaissant aussi bien l’un que l’autre, leurs défauts comme leurs qualités, je ne peux pas m’empêcher d’avoir de la peine sachant que l’un des deux regrettera amèrement cette soirée.

Arrivés dans la voiture, il lui dit qu’il préfère attendre quelques temps avant de démarrer, le temps que l’alcool ingurgité s’estompe, tout en passant sa main le long des jambes d’Alice, remontant sa jupe déjà si courte. Emportée par les émotions qui s’entrechoquent, elle commence à se libérer et à enlacer impétueusement son cavalier de la soirée, dragueur impénitent. Après quelques minutes de langoureux échanges, il démarre la voiture et l’emmène à Neuilly-sur-Seine, dans un petit pré en lisière d’un bois à l’abri des regards. Dans la nuit noire ils se donnèrent l’un à l’autre, la rosée rafraichissant leurs corps brûlants.

Il la raccompagna ensuite jusqu’à chez elle.
Jérôme rentra chez lui, fier d’avoir réussi à draguer une fille de plus qu’il pourra ajouter à son palmarès.
Alice prit une douche et s’allongea dans son lit, essayant de réfléchir sur les actes précédents qu’elle commençait à regretter, jusqu’à ce que le sommeil ait raison d’elle.
Elle se réveilla les yeux rouges et boursoufflés.

Hé pis d’abord hein.

•16 juin 2009 • 5 commentaires

To Be Free
Ma vie, je veux en être fière. Je veux pouvoir regarder derrière moi et ne pas me demander pourquoi je n’ai pas fait ce que j’aurais souhaité.
La vie, chacun de nous n’en a qu’une. Je ne veux pas avoir à regretter la mienne. Et même si je ne crois pas à une quelconque vie après la Mort, je désire au moins laisser une bonne impression, faire en sorte que cette vie ne m’ait pas été donnée pour rien.
Les cimetières sont remplis de gens irremplaçables.
Ne pouvant outrepasser cette phrase si connue, car véridique, je ferai tout de même en sorte d’avoir au moins accompli tout ce que cette vie parmi tant d’autres puisse me permettre.
La mettre à profit en quelque sorte. En profiter du mieux possible.

Car bientôt, il sera déjà trop tard.

Question de Point de Vue !

•7 juin 2009 • 3 commentaires

Bobette

Le sadisme dans toute sa pureté, c’est se réjouir de la souffrance, physique le plus souvent, mais pas seulement, d’autrui.
Le masochisme pour beaucoup, dans les pensées de la plupart des gens, n’est qu’une manière de montrer son côté extraverti en réalisant ses idées déviantes. Cruelles. Et destructrices.
Le fait de se réjouir de sa propre douleur n’est-il pourtant pas un miracle de l’évolution humaine ?
Et puis, tout n’est pas si noir.

Seul dans sa chambre, Bob ne se scarifie pas, il n’en trouve pas l’utilité. Se scarifier n’est qu’un délire de pré-adolescent soucieux de se faire remarquer, dont la fierté l’empêche de crier à l’aide de manière beaucoup plus prosaïque.
Il a découvert ce que certains appellent cette perversion sadique en prenant un bain. Non, rien de lubrique là dedans. L’eau trop chaude lui brûlait la peau à peine tentait-il d’y plonger un bras. Se souvenant des sempiternelles phrases qu’il entendait en regardant le sport à la télé, lui disant que « tout était dans la tête », il calqua ce précepte de vie à la sienne.

Refusant de souffrir de la douleur, il se mit à en faire son alliée, à l’apprécier pour pouvoir la dompter. Il est ce que tout le monde appelle un masochiste, un dégénéré, un pervers dépravé. Mais c’est bien le seul de tous, seul au milieu de ses détracteurs, à avoir su prendre du recul sur la vie, ses épreuves et ses semblables.

En somme, le plus raisonné de tous.

Sleeping Sun.

•4 juin 2009 • 4 commentaires

Plus de minuit et cette nuit, comme bien d’autres nuits, je ressens l’envie de pleurer. J’écoute de la musique, qui se veut pourtant entrainante. Mes sentiments n’ont simplement pas accepté de suivre ce même rythme. Mes paupières tombantes me rappellent ô combien je suis fatiguée, mais, comme à chaque fois que cette douleur dérangeante se fait ressentir, je ne parviens pas à dormir. Les heures s’écoulent, de plus en plus lentement. Ces minutes silencieuses me pèsent. Elles m’apaisent dans le même temps. Le paroxysme de ce silence me déchire en deux émotions contradictoires : ce silence qui me calme, me fait reprendre conscience de mes pensées, de mes actes, me fait relativiser. Mais il me fait à la fois paniquer, il fait remonter en moi les souvenirs passés, que je souhaiterais enfouis. A jamais.

Sextonik ~

•24 mai 2009 • 4 commentaires

before_nuit_du_pole

Champ-de-Mars, un mercredi soir, 21h et des poussières scintillantes.
Accompagnée de deux amies et de quelques bouteilles d’alcool, j’arrive, transportée par le métro parisien, au cœur du champ de mars : énorme étendue de pelouse dominée par la hauteur de la Dame de Fer métallique française.

Je n’ai jamais vu tant de monde manger, boire, danser, jouer de la musique, tous réunis sans occasion spéciale. L’effet d’une soirée veille de jour férié peut-être ? Nous traversons cette pelouse avec nos chaussures de soirée, nos cigarettes à la main et nos portables à l’oreille, tentant de retrouver des connaissances parmi cette marée humaine. Les trouvant enfin, nous nous asseyons, sortons les décapsuleurs, les gâteaux apéritifs et les paquets de fraises tagada. Il fait sublimement chaud pour un mois de mai qui s’était jusqu’alors révélé épouvantable. Une pelouse, comme uniquement dédiée aux familles avec enfants qui viennent ici pique-niquer et qui se font aussitôt remplacer à la nuit tombée, par des étudiants en mal d’alcool.

22h et les cadavres de bouteilles commencent à s’entasser au centre de la dizaine de personnes que nous formons. Continuant de sortir les bouteilles de vin que j’ai dans mon sac, je regarde certains de mes amis commençant à danser, d’autres à parler, tous rigolant. Et donc la plupart racontant des conneries.
« On a réussi à ouvrir une bouteille de vin comme dans la vidéo sur facebook ! ».
Nous voyons pour la deuxième fois de la soirée scintiller la Tour Eiffel, preuve que les 23h viennent d’arriver. Rangeant toutes nos ordures dans des sacs, nous nous levons avec plus ou moins de difficultés pour aller trouver la station de métro la plus proche. Les voix s’élèvent d’elles-mêmes, jamais provocantes. Et les mains se frôlent, toujours provocantes.

Arrivés à Bir-Hakeim, nous prenons un métro, puis un autre, prenant la moitié de la place du wagon dans lequel nous étions rentrés. Blanche, nous descendons. Nous descendons dans l’un des quartiers de la luxure le plus controversé que nous connaissons, Pigalle la douce et la bien-nommée. Droit devant nous, le Moulin-Rouge, à sa droite, la Loco, boîte de nuit réservée par notre école pour la soirée. Nous passons par une entrée dérobée pour échapper à la queue d’une demi-heure qui se présente à nous et rentrons au cœur d’un ensemble de salles, encore à moitié vides pour le moment. Sentant mon euphorie redescendre et profitant d’un bar encore non bondé, je demande un vodka-redbull pour me réveiller et continuer de fixer ce sourire sur mes lèvres. Nous nous mettons à danser sur l’une des pistes de danse encore vides, nous déhanchant, bien conscientes de nos jupes plus courtes les unes que les autres et des regards qui se posent frivolement sur nous.

Les salles se remplissent de plus en plus, je m’arrête pour saluer des connaissances, des amis, des amoureux, des amantes, avant de retourner faire un tour au bar, à présent quasiment inaccessible. Je constate avec un petit sourire que la salle réservée aux fumeurs, qui ne devait pas faire plus de deux mères carrés, s’est à présent volatilisée et toute la boîte ne s’électrise plus que sous les volutes de fumée changeant de couleur et de consistance. Je me déplace entre les salles, les bars et les espaces vip où je croise certains de mes amis une coupe de champagne à la main. Je vois certaines filles se remaquiller, une être bien pâle et une autre pleurant. Sentant trop de monde autour de moi, trop de chaleur dans l’air et trop de mains sans propriétaires, je m’assois quelques instants pour m’assoupir dans les bras d’un copain que je croise tous les jours mais dont j’ignore le nom. Une amie me réveille en me disant qu’elle compte s’éclipser.
Il est à peine 3h mais cette population en surnombre aura eu raison de moi. Passage aux vestiaires, décolleté devant les taxis passant, rentrée chez moi une demi-heure de voiture plus tard et connectée sur le net, je me sens rassurée de savoir que toute cette soirée n’était finalement que pure fiction.

Savoure le Rouge

•17 mai 2009 • 3 commentaires

blog

Et rien qu’entre elles et sans garçon,
Sur des rochers, des forêts elles habitaient.
Toutes les journées dépensées en jeux fripons,
Et rien de plus qui pouvait les déranger.

Il n’y a pas de barrières plus fragiles que celles qui séparent l’Amour de l’amitié. Les deux peuvent se mélanger, se confondre, ne faire qu’un pour enfin rester indissociables. L’Amour n’est pas ambigu, l’amitié l’est beaucoup plus car elle seule peut se métamorphoser en un sentiment bien plus fort de manière aussi rapide que l’Amour peut lui s’éclater. Elles ont bien souvent l’impression que l’humanité toute entière a gâché toute la définition de ce mot, gâché ce sentiment si noble, si simple et si précieux.

L’amitié n’est pas non plus de l’amour déguisé, c’est une confiance et une impression de complicité qu’elles n’ont jamais su retrouver dans d’autres types de relations. Alors elles se sont mises à avoir des fucking friends, des amis avec lesquels elles se sentaient bien et qu’elles n’avaient pas peur de décevoir. Elles les voyaient au gré de leurs envies et sans se sentir attachées, liées de force à des rendez-vous amoureux obligatoires. Enfin, elles étaient libres.

Cette sensation de plénitude ne dura qu’un temps, évidemment. Elles ne se qualifiaient ni comme célibataires, ni comme étant en couple, qu’étaient-elles donc ? Elles-mêmes n’en savaient rien. Et plus que de poser des problèmes moraux dont elles n’avaient rien à faire, elles commencèrent à se questionner sur le sentiment mélancolique qui semblait les ronger de l’intérieur : une culpabilité mélangée à un dégoût de soi qui n’entraina ni plus ni moins que la remise en question de leur choix de vie. Elles cherchent l’Amour sans trop y croire. Elles font l’amour pour profiter du temps présent, du temps plaisant. Mais n’est pas épicurien qui veut, profiter de relations charnelles aussi facilement et aussi frivolement que feuilleter un magasine féminin ne pouvait que rendre le poids de la culpabilité d’autant plus lourd et plus tenace qu’elles ne s’en étaient jamais soucié jusqu’alors.

Et dans la nuit et sous la lune,
Elles s’embrassaient, s’amusaient quand elles voulaient.
Et elles se baignaient en short dans les écumes,
Et elles dansaient, s’amusaient comme elles voulaient.

Un Mr Freeze à la framboise, oui, celui bleu-fluo.

•11 mai 2009 • 3 commentaires

En quittant les cours cet après-midi, j’ai eu l’idée, et surtout l’envie, de m’arrêter à une boulangerie sur mon passage dans l’unique but de m’acheter une glace. Le mois de mai étant déjà bien entamé et, à fortiori le soleil aidant, ne pouvait que me convaincre de m’acheter cela sans néanmoins trop culpabiliser. Dans ces moments là, on réalise évidemment la différence du regard extérieur entre une petite fille de 10 ans, en jupe et haut mignon qui mange une glace, et celle qui le fait dans les mêmes conditions 10 ans après.

L’Ultime Sacrilège.

•23 avril 2009 • 3 commentaires

Consider Me Dead
A ma gauche un ordinateur et un gentil geek pianotant intelligemment devant une partie de Callof. Droit devant moi, évidemment, mon laptop blanc crème avec ma souris, blanche elle aussi, blanc pomme. Mes yeux oscillent entre les deux écrans et les fenêtres de conversation clignotantes. Je m’arrête toutes les cinq minutes le temps de relancer le téléchargement des épisodes d’un anime, et ce temps perdu, le reste surtout pour mon pauvre petit cerveau qui perd, à chaque arrêt, le peu d’élan d’imagination qu’il avait jusqu’alors emmagasiné. Il fait froid. Ou plutôt, j’ai froid. Je me faufile jusqu’à une chambre proche et saisis le premier blouson que je sens sous mes doigts : un blouson noir avec une croix satanique et le logo du groupe Chimaira. Tant pis pour la gueule du blouson, j’ai froid après tout. Les basses Ashdown, branchées à un ukulélé, font résonner sous mes pieds, le son nostalgique d’une fin de soirée tranquille.

Allant fumer un joint dehors, je réfléchissais à ce que je pouvais rajouter à ce texte qui ne semble rien dire de bon. Et puis il n’est pas vraiment glauque non plus, bizarrement. Encore plus bizarrement, je n’ai aucune idée de tristes pensées à coucher sur le fichier word, ouvert depuis maintenant plus d’une demi-heure. Peut-être ai-je fait le tour de tout ce qu’il y a de méprisable en ce monde. Non, bien sûr que non. Un blog n’y suffirait pas. Mais quand je ne pense à rien de tel, rien de sombre, de choquant, il ne me vient à l’esprit que d’arrêter mon blog. Les aventures rose-bonbon, les histoires lancinantes de naïveté, les nouvelles qui donnent envie de sourire sont tellement rares et par définition si naïves et rose-bonbon qu’elles ne méritent pas que l’on s’y attarde. On m’a souvent félicitée pour mes derniers écrits et faite culpabiliser pour les horreurs que j’y racontais. Mais si ces écrits sont poignants, c’est parce qu’ils sont réalistes, et le sont bien trop à mes yeux. J’écris autant pour expier mes fautes que celles des autres.
Et j’attends avec impatience ce jour. Le jour où je n’aurais plus rien de sombre à raconter, le jour où toutes mes plaies se seront enfin cicatrisées.

Bye-Buy Beautiful

•15 avril 2009 • 4 commentaires

Pierrot

Accoudé à la portière de la voiture, regardant par automatisme dans son rétroviseur, il roule en direction de la mer toute proche. Le temps est au beau fixe comme le lui avait indiqué son baromètre avant de partir en balade. Il adore le mois de juin, le mercure n’atteint pas encore des sommets mais permet déjà de se dénuder à loisir et sans pudeur. Sa fenêtre côté conducteur ouverte, il passe la main dans ses cheveux mi-longs qui ont tendance à suivre la direction du vent. Ce qu’il adore aussi par-dessus tout, c’est traverser les multiples villages sur son chemin, sa cigarette pendue à ses lèvres, pour regarder les filles se retourner sur son passage. Se cachant derrière ses lunettes de soleil, il ne laisse toutefois rien paraitre, sauf parfois un sourire à peine dissimulé.
Mais aujourd’hui il ne sourit pas, il n’en a simplement pas envie. Il fonce droit vers le soleil en se souciant assez peu des nymphes ayant profité elles aussi de ce beau temps pour revêtir de légers déshabillés. Il ne pense qu’à la mer, la mer qui rapproche et déchire tant d’hommes, cette mer qui lui semble si proche mais si intouchable, lointaine. Depuis son enfance il a toujours adoré regarder la mer. S’asseoir au bord de l’eau, sur des rochers luisants, pour perdre son regard dans l’immensité du calme et de la nervosité de cette mer si mystérieuse.
Il se gare assez loin de la plage en question, sa plage, une petite crique tranquille que les touristes n’ont pas encore envahie. Aujourd’hui, il a une envie dévorante de marcher sous ce soleil éternel, prenant son temps, savourant la singulière odeur d’iode venant lui faire frétiller les narines. Laissant ses chaussures derrière lui, il commence à enfoncer ses pieds dans le sable chaud, sensation tellement agréable, et donc, si difficilement descriptible. N’ayant plus que son sac à dos avec lui, il prend quelques photos, essayant de faire les plus belles qu’il soit, les plus vivantes surtout.

Après une vingtaine de minutes de vagabondage et de marche lente, il parvient enfin à hauteur de la crique, sa crique. Elle n’a toujours pas changée depuis les longues années pendant lesquelles il n’avait pas pris le temps de venir. Rangeant son appareil-photo au fond de son sac tout en s’asseyant à la limite de l’entrée de la petite grotte, il regarde encore une fois le ciel se fondre et se confondre avec la mer, la beauté de cette nature, la beauté de la vie.
Rouvrant son sac, il en sort, déterminé mais si calmement, le Colt qu’il tient de son père. Se l’apposant lentement sur la tempe, il se dit en souriant qu’il n’y a vraiment pas jour plus merveilleux pour mourir.